[ Alizé signe l'avenant n°2 de l'ACI MSP ] | Alizé - Syndicat de kinésithérapeutes

Par Alizé

2026-05-30

Alizé signe l'avenant n°2 de l'ACI MSP

[ Avenant n°2 à l'ACI-MSP — Le Conseil d'Administration du syndicat Alizé a décidé de signer ce texte ]

 

Chère consœur, Cher confrère,

 

Notre système de santé est en tension. La désertification médicale, le vieillissement de la population, l'explosion des maladies chroniques : ces réalités ne sont pas des abstractions, elles sont le quotidien de nos patients ainsi que le nôtre.
Face à cela, l'exercice coordonné pluriprofessionnel n'est plus un débat idéologique, c'est une nécessité de santé publique. C'est cependant une condition nécessaire mais pas suffisante.
Nous ne pourrons pas faire l'économie d'une réflexion approfondie et documentée sur la démographie médicale et paramédicale : les difficultés d'accès aux soins ne relèvent pas que d'un défaut d'organisation de l'offre de soins, sa densité doit également être prise en compte.


C'est dans cet esprit de construction que le Conseil d'Administration du syndicat Alizé a décidé de signer l'Avenant n°2 à l'Accord Conventionnel Interprofessionnel relatif aux Maisons de Santé Pluriprofessionnelles.
Cette décision est le fruit d'une analyse approfondie du texte et d'échanges nourris au sein du Conseil d'Administration. Cette séquence s'est conclue par une délibération favorable, même si de nombreux points méritent d'être approfondis au cours des futurs travaux.


Des avancées réelles mais insuffisantes

L'accès direct aux kinésithérapeutes est pour la première fois reconnu explicitement comme modalité valide de soins non programmés au sein des MSP. C'est un précédent conventionnel. 
C'est une petite avancée, mais réelle. La valorisation de la diversité paramédicale et la reconnaissance des protocoles pluriprofessionnels incluant la kinésithérapie vont également dans le bon sens.


Ce qui reste problématique

Le kinésithérapeute reste absent des indicateurs socles. L'ensemble de la mécanique financière, y compris le nouveau dispositif IPEP d'intéressement collectif, est calculé sur la patientèle médecin traitant.
Concrètement : un kiné en MSP peut contribuer à réduire les hospitalisations, améliorer l'observance, prendre en charge des patients en soins non programmés — sans que cette contribution soit ni mesurée ni rémunérée à sa juste valeur.

Ce n'est pas acceptable, et nous ne faisons pas semblant que ça l'est.

 

 

Alors pourquoi signer ?

Parce que ne pas signer, c'est laisser d'autres écrire les règles à notre place. En signant, nous siègerons dans l'instance où seront définis dans les prochains mois les seuils et indicateurs encore non arrêtés.
Nous y porterons nos exigences : l'inscription du kinésithérapeute dans les indicateurs socles dès les prochains travaux, et nous continuerons à pousser pour une redistribution équitable des financements et pour la protection des associés paramédicaux dans la gouvernance des SISA.


Ce texte est une première étape, insuffisante, dans un chantier qui doit aller beaucoup plus loin. L'exercice coordonné ne peut pas rester l'otage d'une logique médico-centrée qui invisibilise la contribution des paramédicaux.

 

Alizé y participera avec la même exigence qui guide son action : constructive sur les enjeux de santé publique, intransigeante sur les droits de la profession.


La kinésithérapie doit prendre toute sa place dans les soins de premier recours. Nous continuerons à œuvrer dans ce sens, dans les instances comme sur le terrain.


Le Conseil d'Administration d'Alizé

Alizé - Syndicat de kinésithérapeutes